vendredi 11 mai 2018

Ten's Tapas, Barcelone


Ayant été chez  « ABaC » et « Angle », pourquoi ne pas découvrir « Ten’s Tapas », le troisième restaurant de Jordi Cruz ? « A Tempo » récemment fermé, c’est le seul établissement qui s’adresse à un autre public avec une cuisine axée sur les tapas qui sont majoritairement nouveaux et surtout une gamme de prix bien inférieure. Bien entendu on ne vient pas ici pour retrouver le même niveau que dans les deux précédents restaurants, cependant on peut s’attendre a une prestation d’un certain niveau. Le concept ; « ce que devrait être les tapas selon Jordi », dans un cadre moderne et avec des assiettes revisitées.


Situé dans le quartier de El Born, l’établissement fait partie d’un hôtel, le « Park Hotel », le restaurant se trouvant au rez de chaussée de l’immeuble. Un intérieur moderne avec un certain nombre de fenêtres qui permettent de bien voir à l’intérieur.


Une entrée donc par l’hôtel avec un couloir qui vous emmène vers « Ten’s Tapas ». Murs blancs, parquet, quelques fauteuils en tissus zèbre et une porte métallique noire avant de pénétrer dans la salle principale.


Une salle en longueur avec deux sections, la première étant la principale face aux cuisines, la seconde une salle probablement privée pour les groupes ou grandes tables. Le style est identique à l’entrée, beaucoup de blanc avec seulement une paroi avec des couleurs portant le nom de l’établissement et qui protège la cuisine. On aime ou non, mais il y a tout de même quelque chose d’un peu « hôpital » dans cette décoration. Un accueil un peu lent, puis nous voila à l’une des tables ou se trouve une banquette murale.



La cuisine est donc partiellement ouverte sur la salle, on peut néanmoins manger face à la brigade, probablement pas plus de 5 ou 6 couverts.




Deux choses surprennent immédiatement, le service n’est pas attentif, on attend trop longtemps, la clientèle est soit venue ici par hasard soit se dit « qu’elle va manger la cuisine de Jordi Cruz » à moindre frais.  Clientèle pas toujours correctement habillée et plutôt focalisée sur leur smartphone qu’autre chose. Dans le fond de la pièce, une salle donc réservée pour un comité d’entreprise.


Une carte avec des tapas individuels ou à se partager, mais aussi deux menus de dégustation ; le premier à 48 euros et le second plus large à 62 euros. Au vu du nombre de plats, des prix des tapas individuels et de la volonté de découvrir au mieux ces tapas, le grand menu semble être le plus adapté. Je reviens sur le service qui n’est absolument pas à la hauteur de l’établissement. Méconnaissance complète des plats, lenteurs agaçantes tout au long de la soirée et qui s’empire au fil du temps. Visiblement, la serveuse à dû arriver la veille…

Cela commence avec un toast avec des anchois de Cantabrie « 00 », tomate et ail noir. Le visuel comme on peut l’espérer est à la hauteur et le restera pour l’ensemble des plats, la vaisselle est choisie, les ingrédients comme ici de qualité. Le toast est une sorte de pâte-biscuit au goût de beurre, le filet sur le dessus, en dessous une probable gelée d’eau de tomate taillée en spaghettis, l’ail noir n’est pas trop perceptible.



Ensuite une coca de maquereau avec une escalivada. La coca catalane est normalement une pâte sur laquelle l’on trouve des ingrédients tels que fruits et légumes. Ici un morceau de maquereau probablement cuit au chalumeau déposé sur une probable pâte elle aussi grillée de la même manière, une arrête pour la décoration sur le dessus. L’escalivada est plutôt une sace sur le côté à base des ingrédients nécessaires pour réaliser cette dernière. C’est un tapas déstructuré et finalement qui nous laisse un peu indifférent.


Plutôt original, l’huitre avec une glace à la crème d’asperge et un beurre au plancton. L’huitre est plus là pour sa texture que son goût un peu masqué par le reste.


Pour suivre, le taco – steak tartare avec une glace à la moutarde et des légumes au vinaigre. Plus un morceau de coca de vidre qu’un taco, dans lequel on trouve un tartare plutôt bien assaisonné, la glace sur le côté . C’est assez original et plaisant.


Un plat un peu plus savoureux avec l’oeuf, anguille fumée, purée de topinambours avec un beurre à la truffe blanche. Les associations de saveurs fonctionnent bien, l’oeuf est mollet ou cuit comme l’on dit « parfait », l’anguille amène une saveur fumée, la crème de racine au fond est gourmande. Par contre, ce n’est pas de la truffe blanche,  mais de la noire…légèrement râpée sur le dessus.


Visuelle Saint Jacques, texture d’artichauts, oursin, perles de soja parfumées à l’orange. Dans sa coquille, elle est snackée, l’oursin sur le côté, l’artichaut soit en chips soit en crème, pas sur d’avoir compris ce que sont ces perles. Bon produit mais finalement un peu une association d’éléments qu’autre chose.


Un chorizo au poulpe Feira qui rappellera ce que l’on peut trouver chez « Aponiente », en fait un chorizo réalisé avec le fruit de mer. A l’aveugle, vraiment difficile de trouver qu’il s’agit de poisson car la saveur et texture est identique é celle du porc. Plus ludique qu’autre chose.


Saucisse accompagnée de pain grillé à l’huile d’olive.


Pas vraiment convaincu par le requin chien frit accompagné d’une mayonnaise mousseuse adobo. Pourquoi utiliser ce poisson qui devrait être protégé car de toute manière la croute est tellement épaisse qu’il est impossible d’identifier quel type de poisson se trouve à l’intérieur. Un peu un beignet plutôt grossier avec une mayonnaise pimentée.


Une agréable soupe à l’oignon avec un bouillon bien parfumé, un jaune d’œuf dont on ne saura jamais si c’est de la caille ou autre chose car impossible d’avoir une réponse de la serveuse. Accompagné d’un petit chausson avec une tuile de fromage.



En plat probablement plus ce que l’on pourrait qualifier de principal, du cabri avec une duxelle et des aubergines grillées avec un miso. Viande fondante, aubergines comme une lasagne, fond de sauce parfumé. La duxelle se trouve au centre de la viande. Saveurs classiques et plat gourmand.



Un show à table avec le Cocktail nitro. Certes c’est déjà vu car si l’on va chez « ABaC » ou « Angle » on a aussi le droit a ce mélange de nitrogen avec un jus pour le transformer en glace. Par contre les recettes des autres établissements sont bien plus sophistiquées, je me passerais donc de commenter ce dessert.





L’autre dessert vraiment « girly », le Begonia panthère rose nous laisse complètement indifférent, sorte de cake cuit au micro-onde, rose, glace rose…quelques fraises sans goût.


Le Café style italien est en réalité un dessert que l’on mange dans une cafetière et qui s’avère être parfumé au café et avec de la texture de gateau. C’est plutôt réussi.


Pas franchement séduits par ces petits fours, sorte de crêpes de riz avec des noix confites à l’intérieur.


Un excellent Priorat blanc que j’ai déjà eu l’occasion de boire ailleurs, le  Les Brugueres 2016.


Une prestation vraiment très moyenne pour ce prix. Un service de piètre qualité, des assiettes souvent privilégiant le visuel que la recherche au niveau des saveurs ou des textures. Certes ce n’est pas une table étoilée, on l’a compris mais pour 62 euros, il existe bien mieux dans ce type de cuisine, à savoir des tapas inventifs. C’est un peu un défilé d’assiettes délivrées sans grand enthousiasme. Je dirais même que pour 38 euros supplémentaires, vous allez chez « Angle » avec une toute autre offre bien plus sérieuse et qui finalement rapport qualité/prix est grandement supérieure. L’idée de base est plutôt bonne mais selon moi, un établissement qui vit sur le nom du chef et qui mériterait une reprise en main par ce dernier.