mercredi 3 mai 2017

La Pepita, Barcelone




C’est au nord du Passeig de Gracia en se dirigeant vers Gracia que vous pourrez découvrir « La Pepita » dans la rue Corsega. Ce type d’établissement qui propose d’excellents tapas modernes ou comme je le dis souvent, de petites assiettes ou plats. Une de ces belles adresses qui se donne la peine de sortir autre chose que des « patatas bravas » et autres calamars frits. Ici c’est de la découverte avant tout comme un certain nombre de nouvelles tables dans Gracia, Poble Sec et El Raval.


« La Pepita », c’est une cuisine dans l’air du temps avec un comptoir comme dans beaucoup d’autres endroits mais aussi une salle à l’arrière plus confortable avec tables et chaises. La particularité de cet établissement, c’est probablement que la majorité des murs, briques et catelles sont remplies de graffitis réalisés par la clientèle. Rien d’alternatif mais un style de décoration plutôt assez réussi. Même le grand miroir derrière le comptoir est rempli d’inscriptions qui ici s’apparentes plutôt aux vins ouverts et suggestions du jour.




Jambons qui pendent, bouteilles dans un grand vasque à bouteilles, ambiance entre bar et petit restaurant où les propriétaires s’emploient à créer une ambiance chaleureuse.


La salle à l’arrière attenante à la petite cuisine est recouverte de graffitis, expose des tableaux d’artistes, mais à aucun moment ne donne l’impression de se trouver dans un squat si ceci vous venait à l’esprit. Le mélange un peu déjanté et finalement aussi un peu classique n’est pas pour déplaire.







La carte est vraiment ici très séduisante car on y retrouve des plats avec des associations parfois étonnantes qui peuvent même un peu dérouter. Comme quoi certains cuisiniers essaient de nouvelles associations et des fois cela peut donner quelque chose de vraiment excellent. Le meilleur exemple que je puisse donner est cette bouchée à 2 euros appelée, anchois spécial « La Pepita ». Comme des mouillettes de pain grillé avec sur le dessus des filets d’anchois sur lesquels a été versé du « dulce de lece » qui est une confiture de lait. La rencontre du goût poissonneux puissant et du côté caramel de la confiture est vraiment une réussite.


Du traditionnel pain à la tomate que l’on prend souvent immédiatement pour patienter. Il faut évidemment un bon pain type Coca et des tomates pas trop aqueuses et parfumées.


Très jolie assiette avec le saint-Pierre mariné avec des épinards, fraise, basilic et piments piquillo. Une sorte de cevice mais servi sur un lit végétal et agrémenté de fines tranches de fruits et une sauce à la saveur un peu asiatique, pignons et ciboulette. A nouveau tout se marrie très bien.


Un très tendre poulpe rôti avec un « mojo picon » vert, sauce traditionnelle des Canaries à base d’ail, de piments rouges, de cumin en grains, de paprika, vinaigre et huile d’olive. Purée de pommes de terre et pois mange-tout découpé en fines lamelles. Plat plus consistant et parfait pour suivre.


Je retourne avec des sardines, celles-ci sur un pain Coca avec une sauce tomate, roquettes et fromage. Plat plus catalan mais parfaitement réalisé avec du fromage Espagnol coupé en fines lamelles.


Un peu moins emballé par les crevettes rouges « à l’ail », avec haricots verts et oignons verts. Nettement moins intéressant et un peu fade, voir trop cuit et gras.


Nouvelle et belle surprise avec le foie gras mi-cuit au chocolat blanc, café et noisettes. Jolie composition avec le foie en support, la crème douce sur le dessus, des brisures de noisette et une fine poudre de café. Le tout marche parfaitement.


Les beignets d’aubergine fumée avec une crème de fromage de chèvre, miel et pomme sont assez différents de ce que j’ai pu manger ailleurs car assez proche d’accras. La base de fromage amène de la fraicheur comme d’ailleurs la pomme verte, l’association avec miel est toujours idéale.


Un « mel y mato » transformé en fromage blanc à la confiture au miel de potiron. Un classique aussi revisité et gourmand.


La Pepita du chocolat, pain, huile et confiture d’olives noires est presque elle aussi un classique que l’on trouve parfais dans des tables gastronomiques catalanes. L’association n’est plus à discuter car est toujours plaisante,


Avce ce repas un très rafraichissant Cava Bohigas Reserva constitué de trois variétés classiques de raisins: Macabéo, Xarel-lo et Parellada. De couleur jaune très pâle. Les bulles sont petites et constantes et la mousse persistante.


Et encore une très agréable adresse de Gracia où il est bon prendre le temps de déguster ces petites assiettes souvent plutôt détonantes dans leurs associations. Tout est parfaitement préparé. On peut évidemment rester dans du plus classique mais pourquoi se priver de tant d’idées ?