jeudi 4 mai 2017

Casa Xica, Barcelone




C’est à nouveau dans le Poble Sec que ce soir je me dirige afin de découvrir une nouvelle table qui semble être plutôt prometteuse. Le Poble Sec est un quartier en pleine révolution et vous ne manquerez pas d’y prendre en verre avant d’aller dîner. Un peu dans une rue sans trop de passage et résidentielle, « Casa Xica » se trouve au coin d’une rue et semble n’être qu’un café ou bar de quartier. La réputation récente de l’endroit s’est faite pour deux raisons principales ; une cuisine un peu teintée fusion orientale et un choix de vins naturels, phénomène assez à la mode à Barcelone en tout cas.



L’intérieur de la salle à manger est vraiment très sympathique, presque romantique et ne donne pas tout à fait l’impression de se trouver dans un lieu espagnol mais peut-être plutôt un ancien bistrot de Hong-Kong des années 30 ou encore éventuellement un lieu au Vietnam. Un certain charme colonial avec ces volets rouges intérieurs qui donnent en fait l’impression de se trouver à l’extérieur ; cette lumière tamisée et ces lampes au plafond asiatiques. Une décoration très réussie car nous ne sommes ni en Asie et ni à Barcelone. Public plutôt assez jeune et ambiance un peu bruyante. On ne débarque pas ici par hasard au vu de la petitesse de l’endroit, donc réservation par téléphone indispensable.








La carte est donc dans l’ère du temps. Un certain nombre d’assiettes que l’on se partage avec beaucoup d’influences asiatique mais tout de même avec des produits ibériques. Utilisation incontournable de kimchi, yuzu, miso et autres daikon.  En attendant de faire notre choix, quelques olives nous sont amenées et plutôt très bonnes. Première observation, la prise de commande est longue et visiblement le service est dépassé par les événements. Bien que la jeune fille soit sympathique, cela ne suit pas vraiment en salle.


Comme dans beaucoup d’endroits aujourd’hui, on retrouvera l’huitre préparée avec des condiments asiatique comme ici celle du delta de l’Ebre au gingembre. Région connue pour la qualité des moules et donc aussi des huîtres. Eaux peu profondes, bonnes températures ; même un ostréiculteur assez connu dans le bassin de Thau en France y produit des huîtres ! Très bonne huître donc légèrement enrichie de ce rhizome.


Un petit clin d’œil vers le Mexique avec ces tacos kai satay aux influences finalement plutôt asiatiques. Le tacos devient de plus en plus incontournable et ici il a une saveur presqu’un peu thaïlandaises.  Les kai satay sont d’ailleurs des petites brochettes d’origine thaïlandaises. Elles sont marinées au lait de coco et épices et sont souvent servies avec comme ici une sauce aux cacahuètes. On y trouvera aussi un peu de salade, des dés de tomate, de la peau de poulet frite et un peu de mayonnaise. Cela sera probablement les bouchées les plus gourmandes de la soirée sans être non plus exceptionnelles.



Une réelle déception avec les raviolis ou dumplings de Saint-Jacques avec une sauce épicée au yuzu. Si vous connaissez bien la cuisine chinoise et spécifiquement les dim sum, vous comprendrez que la pâte est trop épaisse, qu’elle est caoutchouteuse, que la farce est fade, que le coquillage a été un peu massacré car haché. Cela pourrait être à peu près n’importe quoi à l’intérieur. La sauce ne sauve pas vraiment le tout.



Pas non plus très convaincu par ce plat qui se veut être une association de pâte style thaï et de poisson cru. Des nouilles de soja vertes, tobiko, curry et loup de mer. Plutôt des vermicelles dans une sauce type lait de coco et curry vert. Sur le dessus ces œufs de poissons volants japonais et des tronçons de poissons un peu trop salé. Cela ne s’harmonise pas très bien et ressemble plutôt à une soupe avec des pâtes dedans. Je ne sais pas si l’on essaie d’être influencé par les ramen mais ce n’est pas concluant.


Un peu plus de plaisir avec la presa ibérique de chez Josélito avec une sauce à l’huître et mangues. Bon c’est tout de même un peu puissant en goût car le dosage de la sauce chinoise est assez important mais c’est adouci par le fruit.


Ensuite un magret de canard fumé avec une sauce kabayaki qui est un mélange de parures d’anguilles, de saké, de sucre et de sauce soja. C’est un peu bâclé car la sauce prend trop le dessus écrasant le goût de la viande.


Un dessert à base de crème citron et de cake au thé matcha. Pas de souvenir particulier.


Très intéressante "carte des vins" (je n'en ai pas vu) avec une belle recommandation en blanc avec un étonnant Aloers 2015, Celler Credo, cépage Xarello. Vin du Penedes très frais et vif en bouche.


Suivi d’un Coll del Sabater 2010 élevé en fut de chêne, avec une robe cerise, joliment structuré avec des notes minérales.


Le lieu et le décor sauve un peu le tout…Je ne sais pas si ce soir-là il y a eu un coup de chaud en cuisine mais tout était très approximatif et assez décevant. On n’improvise pas une cuisine fusion en balançant des ingrédients asiatiques sans un propre dosage. Top salé, pas équilibré, en fait assez quelconque.  Une cuisine à vraiment revoir.