lundi 17 avril 2017

Manairo, Barcelone




A la découverte des tables plus chic de Barcelone, nous n’étions encore jamais allés chez « Manairo » qui a une époque avait un macaron. C’est ici que le chef Jordi Herrera opère en cuisine et qui fait partie de cette génération de cuisinier plutôt inventifs, dans un esprit assez semblable à ce qui fait chez d’autres restaurateurs étoilés moderne de Catalogne. Des plats Catalans revisités ou alors des créations du moment. Situé dans la partie droite de l’Eixample, l’établissement se situe dans l’un de ces immeubles du début du siècle typique du quartier.


Un accueil assez particulier puisque l’on est placé à sa table par un serveur qui choisit à l’entrée une lampe qui pourrait rappeler une cage à oiseau chinoise et qui sera ensuite suspendue sur votre table au dernier instant, puis allumée. La salle est chic, l’ambiance très feutrée, la décoration plutôt assez moderne.



Au choix deux menus « dégustation » entre 85 et 90 euros, le premier qui est une série de plats « signature » de ces dernières années et le second le menu du moment. Seize bouchées ou petites assiettes qui seront servies avec beaucoup d’efficacité et aucun temps mort, ce qui plutôt un exploit. Nous choisirons donc ce menu de l’instant.

Tout commence avec deux petites plats, le « Séchoir à habits » de thon fumé qui s’avère être d’excellentes fines lamelles de thon suspendues sur un support métallique donnant ainsi l’impression effectivement de sécher.


Au même moment, ce qui est appelé bœuf croustillant au curry. Selon moi cela doit être des tendrons de bœufs passés à la friture et ensuite saupoudrés de poudre de curry. Pas franchement emballé car il y a un léger goût d’huile qui reste en bouche.


Autre met avec un cône de cabillaud cuit au four. Presque devenu un classique en Catalogne, cette manière de présenter cette bouchée plutôt assez ludique mais très agréable avec sur le dessus des petits œufs de poisson au wasabi.


Pas franchement enthousiaste avec cette pizza Margherita avec de la roquette et de la truffe. La lecture du plat est quasi impossible car l’on n’arrive pas vraiment à identifier ce que l’on trouve dans l’assiette. Les saveurs sont mélangées, le tout est un peu fade.



Ensuite un sandwich à l’orange confectionné avec du porc bien fondant et sur le dessus des œufs à base de harengs. Le tout fonctionne parfaitement.


Maquereau meunière avec de l’anguille frite. Une jolie association de poissons assez fraiche et légère.


Beaucoup de plaisir avec les calamars « cocochas » au pil-pil d’ail nouveau. Le nom de « cocochas » n’est la que pour rappeler la forme de ce délicat plat basque mais il s’agit vraiment de calamar et non de cabillaud. La sauce est un classique du pays basque réalisé de l’huile d’olive, du piment et cet ail nouveau. La présentation est aussi délicate.



Pas du tout convaincu avec les couteaux et riz au porc parce que le riz est beaucoup trop cuit, un peu carbonisé et gras. Dommage car l’idée était plutôt séduisante.


La soupe de calamars aux oignons est assez mono-saveur mais parfumée comme une soupe de coquillage.


Beaucoup plus convaincu avec le foie gras et chou-fleur à la truffe au café et thé. Le foie poêlé avec cette crème mousseuse, légère, avec une fine saveur de café.


Un cannelloni de canard à l’orange, réalisé astucieusement avec la peau de canard frite et une farce bien parfumée à l’orange. C’est gourmand et agréable à manger.


Très belle assiette avec la fondante queue de bœuf rôtie et calamar. Un terre et mer parfaitement réussi, avec le calamar découpé en nouilles et un intense jus de viande tout autour.


Tout aussi satisfait avec le tendre filet de bœuf fumé grillé avec sur le dessus de fines lamelles d’asperges et très bon fond de sauce.


Premier dessert avec des fraises acidulées à la crème et glace au poivre.  Fraises macérées dans une préparation à base d’un peu de vinaigre. Un peu de meringue brisée sur le contour. Agréable mais pas mémorable non plus.


Pas non plus complètement convaincu par le cake à la banane au thé matcha et crème citron. La chips de banane plantain selon moi sent un peu l’huile et en fin de repas on est déjà assez repu. La crème matche et citron sont bonnes mais il y a repenser l’assiette.



Et pour terminer un « Borracho » d’Amaretto au chocolat et noisettes. Association de divers éléments au chocolat et fruits secs. C’est très classique dans le genre.


Une première bouteille de vin blanc, un excellent Gatzara 2013, Conca de Barbera, avec comme cépages, Macabeu, Chardonnay, Trepat.


Et appréciable geste du restaurant que de nous offrir suite à nos commentaires sur certains plats, deux verres d’un vin de la maison appelé Desordre  Homenatge a Joan Coll,


L’impression générale est que peut-être que l’on « veut en faire trop ». Beaucoup d’assiettes, certaines pas toujours à la hauteur que d’autres. Des mets parfois sans distinction nette des saveurs mais aussi de très belles assiettes surtout quand il s’agit de retravailler des classiques Catalans. Les plats à base de viandes présentées m’ont semblé généralement être plus réussis que les autres. Ce sont surtout les assiettes trop techniques qui furent décevantes. Le prix pour la prestation nous a aussi semblé être très élevé comparé à d’autres établissements. Un repas néanmoins agréable mais probablement pas mémorable.

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