jeudi 21 septembre 2017

Bodega Monumental, Barcelone




Le simple mot de « Bodega » peut vraisemblablement faire un peu rêver en Espagne car l’on s’imagine a prime abord à un endroit séculaire, authentique, plein de charme, peut-être parfois un peu vétuste et où l’on boit et mange de manière traditionnelle. Eh bien sur les recommandations d’une personne locale, me voilà parti pour la « Bodega Monumental » dans le quartier de Sants, non loin de la place d’Espagne. A priori loin de la vieille ville et des flots de touristes, donc un lieu normalement prometteur. L’extérieur présente bien et se veut plutôt rassurant.


Ce qui est tout d’abord un peu surprenant en entrant c’est que l’endroit est quasiment vide. Théoriquement un bar à cette heure-là se devrait d’être rempli, allez savoir pourquoi. La décoration a première vue semble être traditionnelle mais je ne sais pourquoi manque d’authenticité. Cela peut paraitre étrange mais on dirait un décor de Bodega…dans une Bodega.


Un bar à tapas des plus classiques avec des raviers à olives et anchois. La salle à manger se trouvant au fond avec un décor même si hispanique, me semble un peu aguiche l’œil, c’est un peu trop propret dans le sens ou un décorateur a dû passer par là en alignant scrupuleusement bouteilles et boites de conserves, mais bon, passons. La clientèle est ce soit exclusivement étrangère.





Certes l’établissement a vu de belles heures au des nombreuses photos du passé témoignant des visites de stars ou autres célébrités.




Arrive une serveuse qui visiblement ne comprend pas grand-chose, incapable de conseiller quoi que ce soit et qui nous prend pour des touristes qui évidemment ne comprennent rien à la cuisine locale. Une carte plastifiée, ce que je déteste dans toutes les langues. Une cuisine traditionnelle, c’est bien d’ailleurs pour cela que nous sommes venus, jusque-là rien de surprenant.

On prendra pour commencer tout simplement des croquettes à bas de champignon et foie gras ainsi que des petites bouchées de boudin parfumée à l’orange. Ceci se commande à la pièce et arrive sur un plat rectangulaire. Je ne me rappelle pas d’avoir mangé d’aussi mauvaises croquettes depuis bien longtemps. Fermes, une farce au goût pas très net, une utilisation de beaucoup de farine, brefs pas bonnes. Même pas sûr qu’elles soient faites ici. Le boudin lui est enfermé dans une feuille de brique, cela a passé à la friture, en prenant le tout dans la bouche c’est une vraie giclée de graisse en bouche.


La bomba se laisse manger, ni bonne, ni mauvaise, les sauces dessus me semblent plus qu’industrielles.


Les tripes aux pois chiches sont, elles par contre assez correctes, tendres, une sauce à base de tomates pois-chiches et chorizo.


Ce fût surtout le plat de riz qui nous incita à venir ici sur la recommandation. Cela ne sera pas une paella mais le riz cuit à la casserole en terre. Une déprime totale avec ce riz de piètre qualité qui nage dans une espèce de soupe. Bon je sais très bien que c’est un riz comme l’on dit ici « mouillé », avec une sauce plus importante que les classiques plats de riz noir et paella, mais pas dans cette proportion ! Le pire, c’est le goût de cette sauce farineuse qui probablement a été épaissie, ce goût de fumet industriel épouvantable. Quelques pauvres tranches de calamar et de probable porc. Ce n’est vraiment pas bon.


Le choix de vin est d’une incroyable tristesse avec sa carte plastifiée et quasi remplie de références de vins de masse. Ici un riesling de la maison Torrès beaucoup trop doux.


Que dire de plus… eh bien pas grand-chose…

Homo Sibaris, Barcelone




Un quartier que je ne connais pas très bien, celui de Sants qui n’est pas des plus touristique et au sud de la ville. Plutôt familial et calme avec une jolie place comme par exemple la Plaça d'Oscar non loin du Parc de l’Espagne Industrielle. Place sans voitures, des arbres et quelques agréables terrasses.


C’est ici que se trouve un autre de ces très sympathiques bars à bières appelé « Homo Sibaris ». Pas sûr d’avoir vu de tables à l’extérieur, c’est donc à l’intérieur que nous nous rendrons. Ouvert en 2011 par Guillem Laporta, c’est devenu une adresse de référence pour prendre une excellente bière.


L’intérieur est plutôt agréablement agencé avec un comptoir, quelques tabourets le long du mur en face et au fond une petite salle pour celle et ceux qui souhaitent prendre quelques tapas.


Derrière les tireuses, une série de jolies ardoises où sont décrits de manière colorée les bières du moment à la vente.



A noter que « Homo Sibaris » est un bar / cave spécialisé dans les bières naturelles et de qualité, brassent certaines de leurs bières eux-mêmes ou alors celles que l’on trouvera ont été goûtées et précédemment sélectionnées par leur expert en brasserie. La gamme qu’ils proposent, vise à couvrir un maximum de styles possibles indépendamment de leur origine. En soutenant les bières catalanes, ils essayent d'avoir une grande variété de leurs six tireuses et leurs trois pompes à main. Vous pourrez donc commencer pas gouter leur propre marque, conçue par les brasseurs Bernat Carreras et Guillem Laporta, avec la participation de « Populus » une autre micro-brasserie de Caspe dans la province de Saragosse.



Le choix des accompagnements sont principalement des fromages de bergers de Catalogne, des Asturies et de l'Estrémadure, des saucisses artisanales et des olives. Une sélection rigoureuse de parmi les producteurs catalans et d’autres régions d’Espagne.


Cela sera donc une Homo Sibaris – Los Populus  Hoppy Fresh Amber Ale 5,5%, plutôt claire, une petite amertume, facile à boire. Autrement ce que j’appelle plutôt une rareté et vraiment pour amateurs, le lambiek deux ans d’âge de la brasserie belge Boon. Et comme on ne s’arrêteras pas là, une bière blanche La de Blat de la brasserie Ayinger.


Un lieu vraiment très agréable pour les amateurs de bières de qualité où l’on peut aussi bien apprécier diverses variétés produites par l’établissement lui-même que d’autres bières invitées mais toujours sélectionnés avec beaucoup de soin.


mardi 19 septembre 2017

Casa Jaime, Barcelone




En règle générale je ne tombe que rarement dans des endroits qui me laissent plus que perplexe mais là je dois dire que ce fût plutôt le cas. A priori rien ne laisse présager ce qui va être servi car tout est propice pour passer une jolie soirée. « Casa Jaime » se trouve dans l’Eixample au coin d’une rue del  Consell de Cent, entre Casanova et Muntaner. L’extérieur ne donne pas une indication précise du type d’établissement à l’intérieur et la terrasse ressemble à n’importe laquelle de l’une des rues de l’Eixample.


L’intérieur est vraiment agréable, dans le style des bistrots branchés plutôt de Sant Antoni et du Poble Sec avec ce côté qui donne l’impression d’une rénovation inachevée avec des murs de briques encore apparents et ces lumières plutôt style atelier ou garage. Un joli comptoir, des tonneaux en hauteur, un côté bistrot décontracté avec une ambiance animée.




Ce qui me plait c’est aussi ce côté épicerie avec des étagères métalliques sur lesquelles nous trouveront des livres, des articles divers mais surtout des bouteilles de vin avec leur prix affiché. Car c’est ici que l’on viendra chercher sa bouteille une fois la commande prise.



Dans le fond une seconde salle sur la gauche avec presque un petit côté Espagne du sud, probablement lié aux couleurs, le ventilateur au plafond, la décoration et les plantes. Première observation, ces n’est pas avec beaucoup d’empressement que l’on nous a placé et on a presque l’impression d’être oublié. Seconde observation, il n’y a que des touristes. Certes Barcelone c’est une majorité de touristes mais on trouve toujours de locaux attablés. Ceci étant dit, il faut rester ouvert d’esprit et juger d’un repas par rapport au contenu de son assiette.



Jolie table en bois d’autres de marbres, le décor est agréable même si on a l’impression que le rangement ne soit pas le point fort de la maison avec des cartons un peu partout à moins que cela soit voulu.




Une carte de tapas et de plats principaux plutôt assez classique et catalane avec aussi une section de grillades. C’est assez rare mais cette fois-ci nous prenons une salade russe. Salade à l’origine et qui a une très longue histoire, mais il faut savoir que sous la dictature de Franco en Espagne, les restrictions de libertés et les multiples interdictions n'épargnent pas la cuisine. Le nom de la « salade russe », très populaire dans ce pays, est modifié en « salade nationale » sous la pression des militaires fascistes. Aujourd'hui la « ensaladilla rusa » a une place privilégiée parmi les buffets de tapas grands classiques en Espagne. Maintenant, il y a salade et salade…Celle-ci est vraiment quelconque, sort d’un frigo, a été préparée longtemps à l’avance et a un petit goût étrange.


La seiche grillée avec un aïoli au basilic est un peu spongieuse, la sauce a un goût industriel a la base même si on y ajouté cette herbe.


Le « Salmorejo » a jambon est bon avec la bonne texture, ni trop compacte et ni trop liquide. Un peu d’œuf sur le dessus aurait été le bienvenu.


La salade de tomates à la ventrèche de thon est correcte sans plus.


Un poisson avec le bar grillé, juste déposé sur l’assiette, un quartier de citron, trois feuilles de salade, presque trop cuit. On s’attendrait tout de même a un peu plus de soin.


Même observation avec la pluma ibérique que l’on dirait jetée sur l’assiette avec une demi-douzaines de frites. Grasses et une viande pas des plus tendre.


Une bouteille de Priorat L’Interrogant de Clos 93 assez correct.


Une expérience pas franchement des plus concluante, un service du niveau des assiettes. On se demande si vraiment ils ont envie de satisfaire ou non la clientèle. C’est bâclé, dommage car le lieu est plutôt charmant mais cela s’arrête là.