lundi 30 mars 2015

Mes adresses: Brasserie du Père Jakob, Soral



Depuis un certain nombre d’années, le concept de micro-brasseries se répand tout autour de la planète. Même dans des endroits reculés aux USA et même au Mexique, j’ai découvert quelques petites merveilles. Les bières de base industrielles ne suffisent plus aux consommateurs et l’on voit un intérêt grandissant pour cette boisson qui comme le vin a toutes ses lettres de noblesse.

Je me rappelle avoir lui en fin d’année passée que l’on comptait plus de 600 micro-brasseries en France dont plus de 90 dans la région Rhône-Alpes. Je connais dans la région la Brasserie du Giffre, celle du Mont-Salève mais je dois avouer que mes préférences vont vers celle du Père-Jakob en Suisse dans le joli village de Soral, dont les responsables sont Fabien Claret et Stefan Jakob.

Pas de chauvinisme mais simplement par le fait que le style de bière ici me plait beaucoup car chaque micro-brasseur proposera une palette de bières brassées selon ses goûts. Certains brassent avec plus d’amertume, certains se rapprochent des bières que l’on trouve en Grande-Bretagne ou d’autres à la Belgique. Tout est évidement une question de goût mais aussi de savoir faire.

En tant qu’amateur « locavore », j’apprécie beaucoup cette démarche qui consiste à organiser des « portes ouvertes » aussi bien le vendredi soir que le samedi matin. On peut venir déguster pendant quelques heures les bières « de la semaine » car celles-ci varient en fonction des humeurs et peut-être même des saisons. D’ailleurs la rue de ce village semble être « en fête » à ce moment-là !


Pour un village viticole, c’est une idée plutôt téméraire que d’avoir créé un tel lieu dans une de ces maisons villageoises. Située dans une sorte de garage et sa cave, c’est ici que la bière se fabrique ! Devant les portes de ce garage, parfois une table ou deux pour celles et ceux qui s’attardent…


Un garage brut avec au fond les futs d’où l’on tire la bière pour les dégustations et pour les achats il faudra descendre dans la cave au-dessous.




Ceux qui auront connu « la Renée », une des plus belles tables de la campagne genevoise il y a plus d’une dizaine d’années où l’on dégustait une authentique et délicieuse longeole avec son gratin reconnaitront l’enseigne de l’établissement de l’époque…


On peut acheter de la bière en bouteille d’un litre à 6 CHF avec une bouteille consignée à 10 CHF et même acheter des fûts pour les soirées privées.

Aujourd’hui au tableau noir, de la blonde type allemande, légère, et idéale pour la soif, mais aussi une rousse avec un goût de caramel et de l’ambrée. Je me rappelle d’avoir dégusté de l’ambrée muscade pour les fêtes, de la blanche mais aussi des bières brunes et de la  stout.



C’est donc au sous-sol que vous irez vous approvisionner. Caisses de bouteilles, fûts, tout est normalement disponible selon vos envies. Les bouteilles sont consignées comme précédemment dit, et à chaque fois on ne fait que de les échanger. Aujourd’hui de la blanche, de la blonde type « Wiener », brune et peut-être une autre.




Il y a clairement un engouement pour découvrir de nouvelles bières, une alternative à la consommation standardisée et par chance nous avons une magnifique micro-brasserie dans la campagne genevoise.


A savoir que d’ici un moins, cette micro-brasserie qui emploie quatre personnes à plein temps déménagera à l’entrée de Soral juste à côté des terrains de tennis. La commune est en train de construire une série de hangars pour les agriculteurs du village dont une des sections sera occupée par « le Père Jakob ».

dimanche 29 mars 2015

Auberge de la Fruitière, Vers



Je relisais un billet d’une connaissance sur une table de la région que j’envisageais de visiter depuis un certain temps et pour m’assurer que son jugement soit encore fiable, je suis allé faire un tour sur le site que tout le monde critique mais qui rend de sacrés services quand on est désemparé… ou dans une région peu fréquentée par le tourisme de masse…

Eh bien j’ai bien fait de prendre connaissance des derniers commentaires fort peu élogieux car les propriétaires avaient changés récemment. C’est en parcourant quelques avis que l’un de ces commentaires a attiré toute mon attention. Un internaute qui regrettait que le niveau ne soit pas comparable a entre autre à celui de « l’auberge de la Fruitière » à Vers.

C’est bien simple, pas de site internet dédié mais une simple référence sur le site de la commune. Une table que jamais personne ne m’avait relatée et qui se trouve non loin de Viry et Valleiry, en direction de la montagne de Vuache. 

Comme le nom l’indique, une table qui se trouve dans l’ancienne fromagerie du village et qui se trouve également être l’auberge communale. Un bâtiment de caractère ou en 2013 messieurs Patrick et Gérard Josserand reprirent la gérance. Le chef Patrick semble avoir passablement voyagé  entre établissements pour parfaire ses techniques mais aussi voyagé dans divers pays dont le Canada. Ces dernières années il a principalement officié dans certains restaurants  de l’Ain et de la Haute-Savoie («l’Horizon » au Salève), même un bouchon à Lyon.

Une jolie maison avec il semblerait une terrasse l’été et un parking à proximité.


L’intérieur est décoré sans trop d’imagination et ressemble à beaucoup d’auberges communales. Une grande salle avec peut-être une cinquantaine de couverts ; des tables simplement dressées et j’oubliais, un accueil sympathique et souriant.



La carte est une ardoise que l’on peut voir sur certain murs mais qui vous sera également amenée à table.


Trois menus à 27, 38 et 48 euros servis en 4 services ; entrée, plat principal, fromage et dessert. Les plats affichés suggèrent une cuisine généreuse et traditionnelle, une cuisine saisonnière.

Pour démarrer, un foie-gras mi-cuit à la chapelure de pain d’épices et chutney aux figues. Dressé sur une ardoise, ce foie est vraiment parfaitement cuit, bien assaisonné et joliment accompagné de petites brioches tout à fait délicieuses et un bon chutney. Une très bonne impression d’une entrée classique souvent quelconque.


Un de mes plats préférés….le ris de veau aux morilles, fondue de topinambours et poires caramélisées. J’ai vraiment été à nouveau impressionné par autant de justesse dans la préparation. Les ris sont poêlés au beurre, la sauce bien crémeuse est bien parfumée aux morilles et le plus étonnant sera ce mélange du légume oublié et de la poire apportant une touche légèrement croquante au plat et un peu de douceur. L’association est parfaite et rarement j’avais mangé ce plat aussi bien exécuté. Une portion généreuse pour une entrée !



En plat principal nous prendrons le pavé de « blanc-bleu » snacké au beurre de foie-gras truffé, demi-glacé de viande. Le « blanc-bleu » est une race bovine belge ; une viande saisie à la minute et tendre avec sur le dessus le beurre monté au foie. Un fond brun légèrement gélatineux et caramélisé comme il se doit. En accompagnent, une parfaite timbale composée de  doubeurre, la courge que certains appellent « butternut »,  des carottes jaunes et radis confits, le tout avec un peu de ciboulette hachée. Sautés au beurre, une cuisson parfaite des légumes. Et ne pas oublier une portion individuelle de gratin dauphinois, crémeux et gourmand, une purée de courge pour compléter l’assiette. Un plat classique parfaitement préparé.




Assiette de fromages de la région avec reblochon a point, morbier, tome et comté.


Autrement une très bonne faisselle fermière de Chaumont dans la région avec un coulis de fruits rouges pas trop sucré.


Jusque-là un repas parfait avec une cuisine  juste, des produits de qualité et des cuissons parfaites, mais une réelle déception avec les desserts qui visiblement ne sont pas maison et avec un franc goût industriel. Je me passerai de commenter le « cheesecake » et cette tarte au citron meringuée qui valent la peine d’être oubliées. Alors que de simples desserts feraient l’affaire comme de poires au vin…mais bon….



Une petite carte de vin avec quelques simples trouvailles comme un généreux Costière de Nîmes 2012 Domaine Saint Dominique. Un vin bien vinifié à 18 euros qui accompagnera parfaitement ce repas.


Certes on oubliera les desserts mais quelle sympathique découverte ! Une cuisine traditionnelle bien réalisée, de bons produits et des cuissons adaptées qui sans aucun doute nous fera revenir. La carte change tous les trois mois selon notre agréable serveur et s’adapte aux produits de saison.

vendredi 27 mars 2015

Boulevard du vin, Genève



Prendre un verre à Genève dans un endroit convivial et sympathique rime pour moi avec bar à vin. C’est en plein centre de Genève que se trouve le « Boulevard du Vin », à quelques mètres de la place Bel-Air donc non loin du centre d’affaires de la cité.

Situé dans un beau bâtiment du Boulevard Georges-Favon, c’est le lieu que tout le monde fréquente après une journée de travail et même pendant la soirée. Deux tonneaux devant l’entrée, des cartons de de vins vides sur le trottoir…que de bons signes avant-coureurs. 


Depuis de nombreuses années, propriété de la famille Guelpa, le lieu est souvent remplis d’habitués car l’endroit est accueillant et convivial. On y vient déguster les crus du moment proposés sur une ardoise contre le mur et grignoter une assiette de fromages ou de charcuteries. A noter que la journée, « Boulevard  du Vin » est aussi un magasin !


Ce que j’apprécie c’est le choix plutôt large avec une belle sélection de vins étrangers et a tous les prix ! Suisses, Français, Italiens et Espagnols.

Une grande salle avec un haut plafond et un comptoir sur la gauche où l’on vient passer commande. Ensuite il faudra trouver une place si possible à l’une de tables au fond, le long des fenêtres ou tout simplement rester debout !



La sélection des crus au verre du moment se trouve derrière le bar avec blancs et rouges, mais aussi des bulles  ou un choix d’alcools choisis. Je relève que les prix sont tout à fait corrects tenant compte de l’emplacement et de la ville.




A noter une petite sélection de vins nature, phénomène peut-être un peu mode ces derniers temps. Les vins nature diffèrent des vins bios et n’ont pas à proprement parler une et une seule définition. Pas de législation et pas encore de consensus. En quelques mots car il y a bien plus expert que moi dans ce domaine, ces vins sont exempts de sulfites et visent à retrouver l’expression naturelle du terroir.


Derrière une vitrine, un choix de charcuteries et terrines, des fromages, et mêmes quelques légumes à l’huile.


Pour les amateurs de whiskies, une belle sélection de principalement deux distilleries, « Glengoyne » et « Smokehead »  de Islay réputée pour ses single malts  très riches, profonds et parfumés.


J’oubliais qu’il existe une seconde salle en contrebas lorsque le haut est complet !


Pour cet apéritif, deux verres d’Albariño 2012 de la Bodegas Sao DelCoster . Un domaine de Galice de la Rias Baixas qui produit des vins blancs du cépage Albariño d’une très grande élégance avec des notes de fleurs blanches.

Une très bonne surprise avec nos deux verres, un petit plateau avec olives, artichauts et chorizo gracieusement offert. Un geste généreux et qui marque la différence avec beaucoup d’autres établissements.


Un bar à vin qui propose une très belle sélection de crus au verre qui change fréquemment en fonction des coups de cœur de propriétaires, une ambiance très agréable et des prix vraiment corrects, ce qui est n’est pas  souvent le cas…