mercredi 18 octobre 2017

Autentik Club, Badalona




Badalona se trouve non loin de Barcelone et reste joignable en métro en utilisant la ligne L2. Dernier arrêt, dix minutes de marche en traversant la petite ville et vous voilà le long de la mer. Balade reposante, calme le long de celle-ci, plage un peu déserte, plein soleil, la mer bleue, que du plaisir. C’est aussi ici que se trouve une sympathique adresse, celle de l’« Autentik Club » que j’avais découvert au mois d'avril et où nous avions passé un excellent moment.


Toujours aussi agréable que d’arriver dans cette grande salle avec vue sur la grande bleue, le lieu est comme la première fois exclusivement fréquenté par les locaux, souvent de grandes familles avec enfants. Une foule d’habitués qui arriveront ce dimanche en grande majorité vers les 15 :00 et comme la première fois une réservation absolument nécessaire.  Le lieu est définitivement ce qui peut se faire de mieux en tant que « chiringuito » encore que l’on soit plus dans un vrais restaurant qu’une cabane de plage.





Vous pourrez toujours essayer de faire une réservation à l’extérieur mais sachez que très souvent la terrasse est en plein vent, du moins sur le devant. Vous pourrez toujours si vous le souhaitez y aller prendre le café en fin de repas sur la partie droite de celle-ci où se trouve même des canapés.



Et ce fut toujours un plaisir de faire un tour entre la cuisine, le comptoir où sont exposés les plats servis comme tapas froids ainsi que le joli cellier.




Ambiance marine, charme incontestable, un endroit finalement assez différent de ceux du bord de mer de Barcelone avec beaucoup d’authenticité.



La carte aurait changé depuis notre première visite mais à vrais dire, je ne vois pas trop en quoi. De toute manière nous sommes venus pour poissons et fruits de mer qui ici furent vraiment remarquables. Premier amuse-bouche ou plutôt tapas, des beignets de morue avec une sauce romesco. Cela semble être plutôt simple mais croyez-moi, l’une des fritures les plus compliquée. Déjà cela sent bien la morue, ensuite le tout est vraiment soufflé, léger et sans trace d’huile, déposé sur un peu de la typique sauce catalane et un peu de ciboulette.


A nouveau l’incontournable pain à la tomate et huile d’olive vierge, mais ici aussi d’une qualité irréprochable avec surtout une excellente huile.


De très bonnes moules à la marinière du delta de l’Ebre non loin de Tarragone. Un peu plus grande que les moules de bouchot mais plus semblables à ces dernières que ce que l’on qualifie souvent de moules espagnoles.


Et à nouveau d’exquis calamars à l’Andalouse. Vraiment tendres, sans trop de panure, pas de goût d’huile. Combien de fois j’en ai mangé…et rares sont ceux préparés comme ici !


Une belle surprise avec leurs croquettes maison qui semblent ou plutôt sont bien goûteuses et doivent contenir de l’encre de seiche au vu de la couleur. Je ne sais pas comme ils font ici, mais toutes leurs fritures sont des modèles du genre,


S’il y a une pointe de déception cette fois-ci c’est avec le turbot à la braise qui n’a rien avoir avec ma première expérience. J’apprends que celui-ci est d’élevage alors qu’au mois d’avril il était sauvage et de plus pour deux personnes, ce qui fait une grande différence. Accompagné simplement de quelques légumes comme aubergine, poivron rouge et oignons.


Question desserts, tout est fait maison. Leur tarte tatin qui n’en a que le nom est un vrai dessert familial, plus une tarte aux pommes avec une excellente pâte, bien caramélisée sur le dessu, une vraie gourmandise.


Leur tarte au citron est l’une des meilleures que j’aie mangé, un peu dans le style des « key lime pie » mais sans citron vert. Dans le genre tout aussi gourmande et parfaite.


Question vin, évidemment un blanc un peu choisi au hasard car la carte ne propose pas grand-chose que je connais. Le choix d’un Verdejo du Rueda 2016 José Parienté s’avéra adapté à ce repas, une belle attaque en bouche, frais et gourmand.


Un endroit que j’aime, où l’on sent bien, où l’accueil et le service sont toujours parfait. Une cuisine locale, de la mer, des préparations parfaites, une adresse où l’on vient ou revient.

mardi 17 octobre 2017

Pepa PLA, Barcelone




Table plutôt récente de l’Eixample qui n’est pas tout à fait inconnue puisqu’il de la même famille que d’autres adresses telles que « Cometa Pla » et « Pla ». Ouvert il y a quelques mois, l’emplacement fût à l’origine une ancienne librairie, transformée en un restaurant contemporain où l’on a préservé les sols d'origine et les faïences de l'époque sur les murs.


L’intérieur est des plus convivial avec une entrée sur le bar, le haut plafond, quelques tabourets le long du comptoir. Sur les étagères, bouteilles, bocaux, conserves, siphons et livres.



En face une série de tables hautes qui longent le mur qui sont tout de même un peu étroite mais tout dépend de ce que vous recherchez car l’ambiance au bar est plutôt animée et assurée tard dans la soirée.


Si vous continuez, vous passerez sous la mezzanine et trouverez une seconde et plus petite salle qui elle fait face à la cuisine.



Lieu où tout d’abord vous trouverez quelques tables basses mais aussi une sympathique table pour groupe juste en face des cuisiniers. Ici c’est plus pour le côté cuisine que le côté ambiance de la première salle mais une fois encore, question de choix.






Une opportunité d’observer ce qui se trame aux fourneaux, d’observer les techniques de cuisson et les dressages des assiettes.


Un peu similaire aux tables « Slow Food » de la ville, il s’agit ici d’utiliser de bons produits de proximité mais aussi de limiter la manipulation des ingrédients utilisés dans leurs plats et de n’utiliser principalement que des cuissons à basse température afin de minimiser la transformation de la nourriture. Par exemple vous ne trouverez pas ici de plats à base de friture mais principalement des marinades, des plats passés au grill ou à la torche, technique assez à la mode en ce moment. Pas de tapas mais de petites assiettes qui souvent contiennent un certain nombre de légumes qui peuvent provenir de leur petit jardin urbain à l’arrière du restaurant, tels que salades, herbes, tomates, etc. D’autres caractéristique de ce restaurant étant l’utilisation de vinaigrettes et d’huiles naturelles et de la recherche du mélange de saveurs sucrées et salées. Sur la carte une série de petits plats parfois avec une inspiration asiatique ou latino-américaine.

Pendant que nous attendions nos assiettes nous nous sommes vu offerts un petit apéritif de chips épaisses avec une touche de poivre et quelques olives assaisonnées.          


Première assiette avec un maquereau mariné, cèleri, et tomates. Le poisson sort de sa marinade est ensuite passé au chalumeau pour lui apporter une touche et saveur de grillé ; sur le dessus une julienne de tomates, du fenouil en fines lamelles et une fine purée de cèleri boule. Entrée légère, bien équilibrée et fraiche.


Le pain à la tomate est ici exceptionnel car le pain lui-même est de qualité, la tomate savoureuse et pas aqueuse et l’huile d’olive utilisée parfumée.


Seconde assiette sud-américaine avec un ceviche de maigre à la mangue et poivrons aji. Ce piment jaune péruvien a un délicieux arôme particulièrement fruité et pas trop épicé, mais avec une forte teneur en capsaïcine. Le poisson est dans une marinade citronnée avec des oignons rouges et de la coriandre ; des petites tomates, une sauce bien équilibrée.


Etonnante assiette que ce bacon ibérique, harengs et brocolis. Du « terre et montagne » comme ils aiment appeler ce type d’association qui fonctionne plutôt bien avec une sauce au goût plutôt asiatique sur le dessus.


Pour suivre une pizza Okonomiyaki et foie. C’est une sorte d'omelette garnie, entre la galette et la pizza. Cette spécialité culinaire japonaise se déguste à travers tout le pays et se décline de diverses manières. Composé d’ingrédients peu onéreux, facile à préparer, il est vite devenu un plat des temps de crise, par exemple après le séisme du Kantô en 1923, ou au lendemain de la Seconde guerre mondiale. Okonomiyaki signifie littéralement « tout ce que vous voulez manger grillé ». Mais tout bon okonomiyaki qui se respecte, est constitué d’une base inaltérable, une crêpe de farine de blé, mélangée à des œufs et du chou blanc. Cette pâte est ensuite versée sur le teppan et cuite, puis enduite de sauce Worcestershire (souvent mélangée à du ketchup), de mayonnaise et saupoudrée de copeaux de katsuobushi (bonite séchée). Jusque-là je crois que la recette est plutôt bien respectée, ici avec un peu de sésame noir sur le dessus. La où je serai nettement moins convaincu, c’est l’association de foie gras car en bouche avec de la mayonnaise, ce n’est franchement pas terrible.


Et pour terminer de la longe de porc avec du cresson. Viande rapidement saisie, ce qui n’est pas une hérésie lorsque la viande est de qualité comme ici, une touche de verdure pour accompagner.


Un joli choix de bières artisanales, également une grande cave à vin qui vous permet d’associer chacun de leurs plats avec des vins adaptés. Cela sera une belle découverte avec un Montsant Violetes de Fang 2013 produit par Thunder Wine Makers. Pas facile de trouver ces vins réalisés par Sergi Figueras et Antonio Lopo, deux sommeliers qui ont navigués dans le monde de la restauration et qui se sont lancés dans la création de vins différents, avec des variétés peu utilisées et des coupages hors de l'ordinaire. Ici du vieux carignan qui aurait été élevé dans de l’argile rouge. Un vin gorgé de soleil, des fruits confits, une belle longueur.
  

Indéniablement le lieu est très agréable et bien restauré, l’ambiance décontractée, l’espace très bien pensé qui contentera tout un chacun. La proposition culinaire est plutôt bien faite, variée, très actuelle avec des assiettes contemporaines qui couvrent aussi bien l’Asie que l’Amérique du sud mais aussi le pourtour méditerranéen. La proposition de vins naturels et de bières artisanales pour accompagner chacun des plats est judicieuse, l’endroit à tout pour plaire.